THE PATRIOTIC SUNDAY All I Can’t Forget – Vinyl LP (black)

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Murailles Music

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THE PATRIOTIC SUNDAY All I Can’t Forget – Vinyl LP (black)

Pressing info : First pressing on black vinyl LP.

Pour décrisper les nerfs qu’il aime se mettre en pelote au sein du très convulsif trio Papier Tigre, comme dans l’ébouriffant collectif ‘La Colonie de Vacances’, Éric Pasquereau aime à pérégriner dans l’histoire labyrinthique de la musique populaire, à la manière d’une chasse au trésor. Il se frotte à ses mythes, s’y mesure crânement, autant pour apprendre à les aimer toujours plus intensément que pour tâcher d’en tirer des sucs encore inédits, d’en dévoiler des territoires encore vierges.

C’est donc sous le fier patronyme the patriotic sunday qu’on l’a ainsi vu enfreindre tranquillement les lois du songwriting canonique, album après album, relisant un certain folk d’obédience lo-fi – Lou Barlow, Smog en ligne de mire – à travers le prisme polyfacétique des maîtres brésiliens – de Jobim à Veloso – (‘Lay Your Soul Bare‘, 2005) ; réinvestir le baroquisme tapé de la pop opulente des ’60s (‘Characters‘, 2009) ; ou relâchant les freins sur l’idéalement schizo ‘Actual Fiction‘ (2011), qui refusait de choisir entre la douceur et l’affolement, le geste sûr du songwriting le moins désinvolte et les tourniquets dingos de la musique en liberté.

Nous sommes heureux de le voir revenir, armé de ce ‘All I Can’t Forget’  tout à fait enthousiasmant, chargé de chansons supérieures, dont les arrangements obnubilés par le désordre, misent fougueusement sur l’événement et la surprise, à la faveur d’une multitude de bonds indociles d’une case à l’autre (et dans le désordre) de cette grande marelle qu’est la pop music. Encore une fois, Pasquereau a écrit tous les morceaux dans le secret de sa chambre, avant de les soumettre à un groupe versatile chargé de leur faire craquer les jointures. Chaque titre se présente comme un territoire à explorer de fond en comble, un univers en soi. Préférant revendiquer sa belle hétérogénéité plutôt que de tendre à la mesure, ‘All I Can’t Forget’ a ainsi les allures baroques d’un vaste nuancier ensorcelé. Les chansons y sont toujours irriguées par le même sang noir, revêches jusque dans le suave, poussant leur étonnant lyrisme teigne dans tous les retranchements à la fois. Capable d’épancher la plus intime ballade à coups de petits gestes brusques comme de pousser vigoureusement la pop song la plus amène vers le rouge, the patriotic sunday emprunte ça et là de très attrayants chemins mélodiques pour mieux en briser les lignes. Quelques-unes des lames les plus fines du marigot rock d’ici, débauchées notamment chez La Terre Tremble!!!, sertissent le disque de choeurs sophistiqués, y lancent lézards électriques, percussions obliques, claviers suspendus ou métal écorché de saxophones inattendus, mettant toute leur érudition cancre au service de ce projet toujours plus maboul et pourtant toujours plus digne et tenu : celui de rédiger disque après disque quelque chose comme un précis théorique ET intestinal de la pop moderne, charriant les chansons comme autant d’objets réflexifs, intimes, jouissifs et émouvants.

LINE-UP :

Éric Pasquereau : chant, guitare électrique
Paul Loiseau : batterie, chœurs
Julien Chevalier : guitare électrique, chœurs
Julien Lefeuvre : basse, chœurs
Léo Prud’Homme : piano