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TORTICOLI / CHEVIGNON Split – Vinyl LP (black)

8.00  3.00 

Bigoût Records, Maquillage & Crustacés, Ernie Diskale, Tandori, Piou Piou Records

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TORTICOLI / CHEVIGNON Split – Vinyl LP (black)

Pertes & Fracas

Lyon à l’honneur. La ville des lumières par la face noire, celle éclairant un milieu underground toujours très actif. Chevignon et Torticoli n’ont pas grand chose à voir musicalement mais deux de leurs membres vigoureux (le chanteur de Chevignon et un des guitaristes de Torticoli) jouent ensemble dans un autre groupe, Cougar Discipline (tout un programme). Un début d’explication de ce regroupement d’intérêt général sans oublier que dans ce microcosme, tout le monde finit par se connaître, font les échangistes et copulent dans un grand élan commun et généreux, ce qui ne doit pas déplaire au chanteur de Chevignon. Mais ça, on en reparle plus tard.
Commençons par Torticoli. Ce groupe ne tord pas le cou au math-rock instrumental, genre plus bouché que le tunnel de Fourvière en plein mois d’août, il le dynamite. Torticoli libère les muscles, insuffle un vent de folie lorgnant vers une forme free du math-rock, tendance Ahleuchatistas, fonce dans le tas par de nombreux chemins détournés et piégeux mais fonce dans le tas quand même. Et c’est ce qui est hautement appréciable sur ces trois titres. Un manque flagrant de décence pour les esprits précieux et un amour inconsidéré pour les cascadeurs et les chasseurs du dimanche. Avec une touche rock’n’roll à la Moller-Plesset quand ils entament la goutte du grand-père, ce qui n’est, forcément, pas pour me déplaire, notamment sur le début de l’excellent Pelvis Restless et un Rachel’ Sanctuary dont la fin est un feu d’artifice. Torticoli soulage la douleur et débloquent les angoisses existentielles. Mais trois titres, c’est trop peu.
De chasse, il en est question également avec Chevignon quand le chanteur Raphael Defour déclare sans ambages que la chasse, c’est plus fort que l’amour. Et c’est ce qui interpelle en premier dans la musique de Chevignon, les paroles. Ça parle cru, cul, sexe et un brin d’amour, sans ordre de préférence, de chasse aux femelles, ça cause Vieille Panthère sur le titre du même nom, de tâches, de femmes (surtout celles des autres) qui sont bonnes, de partouzes, de barbecue sur les toits et de plein de sentiments contrariés et ambigus. Il fallait donc une musique capable d’accompagner ces vers dérangeants ou tordants (de rire), deux guitares et une batterie au diapason suivant ces effluves nauséabondes et truculentes. Quand les paroles s’emballent, la musique s’emballe. Quand les sentiments se font violents, la musique s’abat drument sur nos épaules. Quand le ton se fait ridiculeusement mielleux, le trio musical joue un sale slow de bouffon. Le chant suit le mouvement, parle, hurle, crooner de l’impossible, absurde, menaçant et fait tourner les masques. Une musique s’exprimant comme on écrit un livre. Narrative, mouvante, avec plein de rebondissements, de fausses pistes, réduite au silence complet en plein milieu de Créteil, blues décati ou trottant allègrement, limpide et complexe à la fois, exécutée avec aisance et en haute voltige.
Chevignon, ce n’est pas le genre de groupe que tu rencontres à chaque coin de rue, leurs concerts ne semblent pas de tout repos et avec Torticoli, ils forment une paire redoutable et complémentaire pour un disque totalement exquis.

STNT

5 labels pour produire ce délicieux split 12″ à la pochette très réussie (Tomtom = Maquillage & Crustacés). Un disque de lyonnais à consonance très SK-ienne. Une face noisy, math rock profond, instru, 2 guitares en équilibre sur la dissonance, un esprit autant BEEFHEARTien que HELLAesque, 3 titres entraînants où les soubresauts de la caisse claire donnent volontiers le change à la finesse et la complicité des guitares déglinguées. A l’instar des Moller Plesset (Rennes), TORTICOLI (link is external) a autant côtoyé la brutalité du rock noise que la chaleur épicée du vieux blues cotonneux et transpirant. TORTICOLI, c’est un groupe de vieux fougueux qui te dévale rapide les Alpes pour arriver en pleine forme dans les bras de CHEVIGNON qui les attend là sur la berge… En tenu de compét’… Car CHEVIGNON ne fait pas les choses à moitié. Ouais, après le Rhône, voici la Saône et son chanté français urticaire. « La chasse, c’est plus fort que l’amour », . Dans le genre cynique, ca me rappelle la pochette des AH KRAKEN. Oui, tout çà, c’est bien assumé… DOMINIQUE A joue pour les bonnes gens, CHEVIGNON est en train de le pointer de son fusil à bouchon. La musique en arrière plan tergiverse, parle et se retient autant que le chant s’égosille. Un rock pop noise et punk, où la mélodie et le bruit ont de quoi accompagner de fort belle manière les paroles de Rafael Defour. Du coup, je vais tenter la réécoute du split CHEVIGNON avec les MARRY POPPERS dans la série des 12 salopards sorti chez SK il y a des années… Les vieux sont les jeunes d’aujourd’hui. Foutez les dehors.

Un disque en coproduction Bigoût (link is external), Maquillage & Crustacés (link is external), Tandori (link is external), Piou Piou, Ernie Diskale. Merci à eux.